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AUTONOMIE

   
 
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4. L'AUTONOMIE

"Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours."
Gandhi

L'initiative, la liberté, et l'autonomie sont les meilleurs moyens de progresser, pour savoir apprendre en toutes situations.
Pour réussir en situation d'autoformation (ou au CRL en autoformation assistée), il importe de développer et de renforcer sa capacité d'autonomie, ce qui ne veut pas dire, nous le rappelons, être livré à soi-même et seul dans son apprentissage.
Au sens large, selon Linard (2003),  l'autonomie est un "mode plus ou moins indépendant de fonctionnement et d'action [...] en relation avec (un) environnement."

Les notions d'autonomie et d'apprendre à apprendre sont liées, et selon les auteurs se confondent (est autonome l'étudiant qui sait apprendre, pour Holec) ou se distinguent (apprendre à apprendre, c'est se préparer à être autonome, pour Portine). L'utilisation d'autres concepts, tels que autoformation, auto-direction, sème un peu plus la confusion.

Pour Blin, l'autonomie se définit "comme une approche éducative qui [...] permet aux apprenants de prendre la responsabilité et le contrôle de leur apprentissage, et qui les aide à évoluer progressivement d'un état de dépendance vis-à-vis de l'enseignant à un état d'indépendance et d'interdépendance.[...] Une formation autonomisante devra donc développer la capacité à être autonome: apprendre à apprendre, à construire des savoirs et savoir faire langagiers et à collaborer en seront les éléments clés."

Définissons donc l'autonomie comme la capacité à prendre en charge son apprentissage. (Cela tient en une toute petite phrase, mais derrière l'arbre se cache la forêt !)
Et distinguons plutôt l'autonomie, en tant que résultat du processus d'autonomisation et puissance de faire, de l'autodirection de l'apprentissage, qui est un comportement effectif, un faire. Si le faire implique la puissance de faire, l'inverse n'est pas vrai.
Pour savoir apprendre, il faut d'abord vouloir apprendre. Cette condition semble évidente, mais cela ne l'est pas forcément pour tout le monde, pour des raisons diverses. De plus cela ne suffit pas : il faut aussi, nous l'avons vu, en avoir la capacité (propre à la personne), et la possibilité (offerte par l'environnement).

"l'autonomie est une capacité de haut niveau, cognitive mais aussi psychologique et sociale, qui implique des qualités d'attention, d'autocontrôle, d'intelligence, de confiance en soi et de relation que peu d'individus possèdent ensemble à l'état naturel", selon M. Linard (2003).

De ce fait, l'autonomie ne peut être considérée comme un pré-requis. Le système éducatif se doit cependant de la considérer comme une finalité essentielle de formation, et accompagner son développement. En effet, dans un monde en perpétuel changement, où les savoirs deviennent rapidement inadaptés aux nouveaux besoins, il importe plus de savoir apprendre que d'avoir accumulé des connaissances promises à l'obsolescence. Selon le psychologue Herbert Gerjuoy, "L'illettré de demain ne sera pas celui qui n'a pas appris à lire. Ce sera celui qui n'a pas appris à apprendre."

Nous avons réalisé dans les chapitres précédents un tour d'horizon des savoirs et savoirs-faire à acquérir pour s'engager et tirer le meilleur profit de l'activité d'apprentissage.


QUELLES SONT LES TECHNIQUES QUI FAVORISENT L'AUTONOMIE ?

L'autonomie implique la liberté d'action, mais également la gestion et le contrôle (volontaires) de l'apprentissage, ainsi que la responsabilité (co-responsabilité si l'on se situe dans le processus d'autonomisation).

Voyons la forêt dans son ensemble :

"l'autonomie, c'est construire un projet d'action et gérer la réalisation de ce projet au sein d'une structure qui définit les contraintes globales et apporte une aide lorsqu'elle est nécessaire." "Etre autonome, c'est savoir se fixer des objectifs que l'on peut atteindre et gérer son temps et ses activités en fonction de ces objectifs au sein d'un ensemble plus grand qui détermine ce qui est possible et ce qui ne l'est pas."
Dans L' autonomie de l'apprenant en questions de H. Portine

Puis chaque arbre qui la constitue :

Identifier un besoin, une habileté à acquérir, le formuler en termes de buts, sous-buts, d'objectifs spécifiques, d'en planifier la réalisation à court, moyen, et long terme, choisir les supports de travail appropriés, recueillir les informations pour résoudre son problème, évaluer à différentes étapes la validité des choix opérés, prévoir et identifier les difficultés, y remédier, évaluer les acquis et l'atteinte des objectifs... la liste n'est pas exhaustive !

On aperçoit d'emblée le lien étroit entre ces savoir-faire et les connaissances et habiletés métacognitives : pour développer l'autonomie, il faut développer les capacités métacognitives.


LA METACOGNITION

"Ce sont les stratégies métacognitives qui permettent aux apprenants efficaces d'exercer un contrôle sur leur apprentissage. Ces stratégies générales sont essentielles en situation d'autonomie puisqu'elles permettent à l'apprenant de gérer ou de réguler son apprentissage, de sélectionner ou de mettre en œuvre des méthodes ou des techniques et de les évaluer. "
Extrait de "Analyse de données en apprentissage d'une L2 en situation d'autonomie dans un environnement multimédia", par Lise Duquette.

 

"l'importance des capacités métacognitives croît à mesure que les contraintes extérieures diminuent"
Jean-Franois Rouet (2001).

La liberté de décision, de choix, de contrôle laissé à l'apprenant sur sa formation favorise le développement de la métacognition. En effet, pour apprendre, il faut pouvoir se tromper, et pour pouvoir se tromper, il faut pouvoir faire des choix.

Enfin, l'ouverture du dispositif à la parole des apprenants favorise elle aussi la gestion et le contrôle qu'il pourra avoir ou prendre progressivement sur tout ou partie de son apprentissage. Elle se traduit par le suivi personnalisé qui peut être réalisé grâce au carnet de bord, par la disponibilité des tuteurs pour fournir une aide quand elle est nécessaire, par les forums qui peuvent permettre des interactions réflexives entre pairs.


La métacognition, voir le Chapitre 7. Métacognition et autonomie, pp12-13, et le tableau récapitulatif des connaissances et habiletés que l'apprenant doit avoir.


L'HYPERMEDIA
L'hypermédia peut faciliter l'autonomie, mais il ne la crée pas à lui seul.

 

POUR ALLER PLUS LOIN
Autonomie et apprentissage auto-dirigé : l'histoire d'une idée, par M.J. Gremmo et P. Riley, in Mélanges CRAPEL n 23. Très intéressant !
"Autoformation, éthique et technologies : enjeux et paradoxes de l'autonomie" par Monique Linard
"L'autonomie de l'apprenant et les TIC" par Monique Linard, dont nous vous recommandons fortement la lecture (bien que complexe).

 

 

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